"Le fouet est une partie intégrante du régime colonial, le fouet en est l‘agent principal : le fouet en est l‘âme ; le fouet est la cloche des habitations, il annonce le moment du réveil, et celui de la retraite ; il marque l’heure de la tâche ; le fouet encore marque l‘heure du repos ; et c’est au son du fouet qui punit les coupables, qu’on rassemble soir et matin le peuple d’une habitation pour la prière ; le jour de la mort est le seul où le nègre goûte l’oubli de la vie sans le réveil du fouet. Le fouet, en un mot, est l'expression du travail aux Antilles."

             Victor Schœlcher  

         « Des colonies françaises. Abolition immédiate de l‘esclavage. 1848 »    

 

 

Dans cette citation de Schœlcher, le fouet autrefois considéré comme le plus bel outil d'ordre et d'organisation du système esclavagiste est représenté comme un espace-temps qui rythme la vie des esclaves. Aujourd'hui, objet emblématique de la culture antillaise, le fouet retrouve tout son sens et sa puissance lors de la période carnavalesque, dès les premiers jours de janvier et ce jusqu'à la période de retranchement du Carême. La manipulation et la maîtrise de ce fouet sont les étapes d'un rituel initiatique pour tout enfant de sexe masculin en Guadeloupe.  

  

  

 

POURQUOI "KARATA" ?

 

"Karata" est le nom usuel d'une plante cactée qui grâce à un procédé de frottement se transforme en ficelle solide. Matière première chez les Caraïbes, elle permettait aux Amérindiens de fabriquer leurs hamacs. On peut ainsi dire que le « karata » est l’ancêtre de la corde que nous connaissons tous. Il m'était donc logique après de nombreux travaux et observations, d'appeler les "fouetteurs": "Karatas".

Dans les groupes à peaux les "fouetteurs" sont toujours les prémices du groupe comme des soldats ouvrant  les voies. Baignant dans un nuage d'encens et claquant le sol, ils chassent les mauvais esprits. Élan, blocage, renforcement, déséquilibre, et claquage sont la composition chorégraphique de ces "fouetteurs" dans l'espace du "mas". Malgré le danger que représente cet exercice, il est rare de constater des accidents, les "Karatas" évoluant dans une atmosphère magico-religieuse où respect de l'autre, appropriation de l'espace-corps, de son soi, sont habilement codifiés.

 

 

 

  CATALOGUE D'EXPOSITION "KARATA"                                                                                         

 

1/5